La Gauche otage de l'extrême droite.
Sortie de l'euro, protectionnisme, Union européenne... Le Front national et le M'PEP disent-ils la même chose ? En réalité la souveraineté nationale est un principe qui peut-être utilisé pour mener une politique de gauche, de droite ou d'extrême droite. Par conséquent il ne faut pas abandonner ce moyen politique au Front national. Le M'PEP est un mouvement souverainiste de gauche.
Il ne faut pas confondre les moyens et les buts.
Qu'est ce que le « souverainisme » ? C'est est un principe politique soutenant l'acquisition ou la préservation de l'autonomie politique d'un pays ou d'une région dans l'exercice de la souveraineté.
La question de la souveraineté nationale, posée à travers la question européenne et le dogme libre-échangiste de l'Union européenne, clive le paysage politique français autant que la différence droite-gauche, mais selon un axe transversal à celui-ci. Les mouvements souverainistes de droite (DLR, UPR, FN) et de gauche (PRCF, M'PEP) proposent d'agir sur des leviers sensiblement identiques pour permettre à la France de reprendre son destin en main. A quelques variations près, ils disent tous qu'il faut :
> sortir de l'euro.
> s'affranchir de l'Union européenne.
>
regagner la souveraineté populaire et monétaire.
> réindustrialiser la France.
> nationaliser les banques.
> sortir le traité de Lisbonne de la Constitution française.
> refuser de payer la dette de l’État aux banques
privées.
> rompre avec le
libre-échange et remettre des barrières douanières.
Les souverainistes pensent qu'il faut effectivement procéder à une « démondialisation ».
Le but de la Gauche, c'est le Socialisme.
Mais si ces mesures sont une nécessité, elles ne sont pas une finalité. Pour la Gauche, elles ne sont qu'une étape parmi d'autres pour rompre avec l'ordre libéral et avec le capitalisme. Un véritable programme de gauche doit :
> démanteler les marchés financiers.
> mettre fin au chômage en une seule mandature en faisant financer des millions de salaires par la puissance publique.
> rendre opposable le droit à l'emploi.
> donner du pouvoir aux salariés et à leurs organisations syndicales pour faire rentrer la République dans la sphère économique et dans le monde du travail - qui en sont restés à la féodalité.
> socialiser les moyens de production.
> augmenter les salaires.
> faire financer une sécurité sociale
qui couvre 100 % des besoins de santé.
> permettre à toutes et à tous d'accéder à la retraite à 60 ans avec un revenu permettant de vivre dignement.
> renforcer les services publics et en créer de nouveaux (service d'aide aux familles, service public de la petite enfance, etc.)
> mener des politiques sociales pour le logement et l'urbanisme.
> protéger les plus fragiles, d'où qu'ils viennent.
> développer une éducation nationale républicaine et laïque dotée de moyens en zones urbaines et rurales pour permettre à tous les jeunes d'accéder au savoir, à la culture et à un diplôme qualifiant.
> organiser la transition énergétique et rétablir une égalité de tous les citoyens face aux risques climatiques et à la pollution agricole et industrielle.
> préserver la biodiversité.
> réorganiser la production agricole, la libérer de la spéculation sur les matières agricoles afin que les paysans puissent vivre de leur travail et que les citoyens se nourrissent sainement.
> libérer les artisans et les petits commerçants de l'emprise des multinationales et de la grande distribution.
> rétablir l'égalité de droit quel que soit le département où l'on vit.
> construire un nouvel internationalisme avec les peuples d'Europe, d'Afrique et de tous les continents, en mettant en place un équilibre des échanges commerciaux sur les principes de la Charte de la Havane.
Tel doit être un vrai programme de gauche: un programme qui ouvre la voie à un socialisme du XXIe siècle avec audace et courage et qui ne cède pas au chantage des libéraux, des banques et des actionnaires.
Il ne faut pas confondre le souverainisme et le nationalisme.
Le Front national, n'a pas l'intention de rompre avec le capitalisme ! Il hait les organisations de travailleurs. Ses leaders ont tenu des propos insultants contre les grévistes au moment de la bataille sur les retraites. Le Front national oppose entre eux les français, les français issus de l’immigration et les immigrés dans la compétition pour l'emploi... Le rôle historique de la Gauche, lui, est de mettre fin à la compétition pour l'emploi. Le Front national veut que la France devienne compétitive dans la guerre économique mondiale. La Gauche veut mettre fin à la guerre économique – dont les responsables sont les détenteurs de capitaux et les victimes les salariés – pour lui substituer un système de coopération entre les nations. La guerre des capitalismes nationaux a en effet déjà donné deux guerres mondiales ! Le souverainisme de la Gauche, lui, a des visées internationalistes : créer entre les nations qui le souhaitent un système économique basé sur l'équilibre de la balance des paiements, parallèlement à l'actuel système du commerce international pour le faire dépérir.
Au cours des trente dernières années, la gauche a désinvesti le principe politique de la souveraineté nationale. Ce désinvestissement correspond au « tournant de la rigueur » opéré par le gouvernement Mauroy - c'est-à-dire au moment de la conversion du Parti socialiste au libéralisme. Cette conversion s'est réalisée notamment par l'adhésion au projet européen. Le principe d'une « gouvernance » économique supranationale permettant la mise en œuvre des dogmes libéraux était en effet incompatible avec le maintien de la souveraineté politique des nations. Un principe pourtant défendu historiquement par la Gauche ! L'extrême droite a ainsi pu occuper pendant tout ce temps l'espace politique laissé libre auprès des personnes victimes du libéralisme. Et jouer brillamment sur l'échiquier politique, le rôle d'épouvantail destiné à tétaniser la gauche - avec la bénédiction des tenants de l'ordre libéral. Le M'PEP est né de ce constat dramatique.