Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 00:20

Quand on évoque la « mondialisation », ce sont ses dégâts sociaux colossaux qui viennent immédiatement à l’esprit : inégalités croissantes entre pays riches et pays pauvres ; chômage et précarité ; délocalisations ; destructions des systèmes de protection sociale ; maintien d’une dette exorbitante sur les pays pauvres ; pression sur les salaires… On pense ensuite à l’économie : privatisations de services publics ; subventions aux entreprises ; libre-échangisme ; dictature des marchés financiers… et depuis quelques années, les guerres mondialistes.

 

En fait, un seul pays bénéficie de la « mondialisation » : les Etats-Unis. L’économie américaine a pu profiter, jusqu’à présent, d’une croissance généralement supérieure à celle des autres pays. Mais cette croissance économique est totalement artificielle : privilège exorbitant du dollar ; pompage de l’épargne mondiale ; déficit extérieur abyssal ; endettement des ménages… au point de provoquer une nouvelle crise financière en août 2007.

Sans que les banquiers centraux de Francfort ne bougent le petit doigt, ni les responsables politiques européens qui acceptent que l’euro joue le rôle d’un nain, le dollar s’est arrogé des privilèges dignes de l’Ancien Régime. Exonérés, depuis 1971, de toute contrainte de convertibilité du dollar en or par la rupture des accords de Bretton Woods, les Etats-uniens consomment bien plus qu’ils ne produisent. Ils vivent à crédit sur l’épargne mondiale et en imprimant des billets de banque. Ils peuvent faire monter ou baisser la valeur de leur monnaie vis-à-vis des autres monnaies, en fonction de leurs besoins particuliers. Le « miracle » américain n’est pas le résultat de l’application des politiques néolibérales, il procède de la nouvelle hégémonie américaine sur le reste du monde.

Les premières victimes de la « mondialisation », en revanche, sont les pays en développement. Le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale (BM), l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ont poussé avec fanatisme à la ruine les pays qu’ils étaient censés aider.

 

Bien sûr, la « mondialisation » est inhérente au capitalisme : « la tendance à créer un marché mondial est incluse dans le concept même de capital » (Karl Marx). Cependant, la « mondialisation » n’en est pas pour autant la résultante inéluctable d’un déterminisme économique intrinsèquement lié au système capitaliste, elle n’en est pas la suite logique et prévisible. Elle n’est donc absolument pas un phénomène spontané et naturel, indépendant de toute volonté politique. D’autant que la « mondialisation » ne se limite pas aux seules dimensions financière (la globalisation financière) ou économique (le libre-échangisme). Elle est un phénomène global, mettant en cohérence des dimensions financière, économique, politique, culturelle et même psychologique.

 

Face à la « mondialisation », la plupart des forces politiques, à l’échelle internationale, éprouvent de plus en plus de difficultés à dissimuler leur soumission constante depuis 20 ans. Au point que l’idée délétère se répand selon laquelle les responsables politiques auraient perdu l’essentiel de leur pouvoir de décision, spécialement dans le cas de l’Europe. La croyance s’installe que des contraintes extérieures de toute nature ne laisseraient plus qu’une très faible marge de manœuvre aux gouvernements, réduite pour l’essentiel aux problèmes d’ordre sociétal.

Ce vide politique a été comblé par les médias : instillation quotidienne d’un conformisme pesant ; bien-pensance pétrie de bons sentiments et dégoulinante de pathos ; lieux communs assénés avec autorité... Tout est organisé pour étouffer l’éveil de toute conscience critique, la politique spectacle envahit les écrans.

C’est pourquoi le premier objectif du M’PEP est de démystifier la « mondialisation ». Pour y parvenir, les actions suivantes seront engagées :

  • mettre fin à la confusion qui règne autour de la notion de « mondialisation » ;
  • montrer que la « mondialisation » est une stratégie politique qui vise à réorganiser le travail à l’échelle planétaire pour rediscipliner le salariat ;
  • expliquer que la « globalisation financière » n’est pas une étape nouvelle du capitalisme mais un choix de société ;
  • dénoncer la « mondialisation » comme tentative d’hégémonie des Etats-Unis sur le reste de la planète ;
  • s’opposer à la fabrication de l’ « homme nouveau » néolibéral ;
  • débusquer le néolibéralisme à la française.
Par Fédération M'PEP 77 - Publié dans : Mondialisation
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /Avr /2009 00:12
L'enjeu de la repolitisation de la population dépasse une simple volonté de démocratie formelle. Il va aussi au-delà d’un besoin légitime de participation du peuple à la vie publique. Les politiques néolibérales aujourd’hui à l’œuvre aux niveaux mondial, européen et national entravent l’intervention du citoyen sur l’histoire en marche, qu’elle soit individuelle ou collective. Pour que la logique de marché supplante celle de l’expression collective par le choix politique, c’est de la capture du pouvoir à tous les niveaux qu’il est question. Pour opérer et maintenir ce transfert du pouvoir de décision de la sphère politique à celle de la finance, l’exercice de la citoyenneté devient un objet politique encombrant.

La dépolitisation des populations est donc devenue un objectif opérationnel du néolibéralisme : le marché est censé savoir ce qui est bon pour lui, sans intervention extérieure.

 

La repolitisation du peuple est donc une question cruciale aujourd’hui. Elle n’a pas seulement pour objet de former des citoyens responsables et critiques dans l’absolu, elle doit aussi permettre que la responsabilité et la capacité d’expertise des citoyens puissent être mises au service d’une réelle intervention du peuple sur l’histoire qui se fait. Réinvestir l’action politique c’est gager que la démocratie permet la mise en place d’un projet de société défini et investi par le peuple lui-même.

 

Repolitiser la population n’est donc ni un exercice de style ni une posture romanesque pour le M’PEP, c’est son « cœur de métier ». La revendication de démocratie ne peut plus se limiter à des incantations avec en ligne de mire un système théorique idéal. C’est maintenant un chemin qu’il faut construire jour après jour, commune après commune, proposition après proposition, d’imperfections en imperfections pour enrayer le rapport de force à l’œuvre aujourd’hui, qui nous assène qu’un bon consommateur est un citoyen mort ou servile, voire les deux.

 

Cependant, la tâche est complexe. Non seulement parce que la sphère politique est peu à peu mise au service d’intérêts uniquement économiques, mais aussi parce que la société est elle-même complexe. Elaborer un réel projet de repolitisation implique de prendre en compte cette complexité, au risque de plaquer des propositions sur une réalité qui nous échappe.

Retrouver l'analyse complète et les propositions du M'PEP sur ce thème ici :

http://www.m-pep.org/spip.php?article509

 

 

Par Fédération M'PEP 77 - Publié dans : Politique
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